Lundi 25 juin 2007
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19:58
Chers amis,
Conformément à sa vocation - communiquer sur la menace que le récent renouvellement présidentiel était susceptible de faire planer sur l’EPR français - la validité du blog « Nucléaire Energie Vitale » s’éteint, aujourd’hui, tout naturellement. Dans quelques jours, je mettrai donc un terme définitif à son existence d’autant plus volontiers que le danger paraît écarté et que la carrière internationale de l’EPR semble plus prometteuse que l’actualité de ces derniers mois ne le laissait entrevoir.
Pour autant, doit-on considérer avec un optimisme béat l’avenir du parc électronucléaire français et celui de la R et D associée ? La mutation imminente du marché européen de l’énergie et la prochaine tenue d’un « Grenelle de l’environnement » ultra-médiatisé incitent à modérer les enthousiasmes. Non seulement prudence est lucidité restent plus que jamais de mise, mais il convient de ne pas relâcher notre inlassable effort d’information et de conviction, au moins jusqu’au rendez-vous gouvernemental de l’automne.
Les vecteurs numériques du dialogue et de la confrontation des idées à notre disposition ne manquent pas. Personnellement, j’ai désormais tendance à privilégier un large recours à certains blogs grand public, dont la réputation n’est plus à faire, la loyauté du débat plus à démontrer. Leur incomparable efficacité tient à une audience nationale aussi étendue que variée sur le plan des convictions.
Depuis plusieurs mois déjà, deux de ces blogs (1) publient régulièrement mes articles destinés au blog NEV. Ils ont, certes, souvent donné lieu à d’âpres débats d’idées inconciliables, mais ont été sans conteste de nature à ébranler les partis pris mal assurés. Je vous engage instamment à vous y exprimer à souhait.
Je remercie beaucoup ceux qui ont pris la peine de me lire et, quelquefois, à réagir à mes propos.
À tous, je souhaite d’excellentes vacances.
Bien cordialement,
André PELLEN
(1)
AGORAVOX
http://www.AgoraVox.fr/article.php3?id_article=25214
NATURAVOX
http://www.Naturavox.fr/article.php3?id_article=1026
Par PELLEN
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Dimanche 3 juin 2007
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03
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/2007
15:00
Nicolas Hulot ne peut à la fois se déclarer incompétent en économie et en sociologie politique et prétendre sauvegarder la symbiose « humano-écologique » en prescrivant une révolution économique et industrielle pour le moins douteuse. Car, ne lui en déplaise, la prospérité est, ici-bas, le privilège individuel et collectif le plus difficilement accessible et le moins bien partagé. Elle l’est d’autant moins que l’optimisation de notre mode de développement s’accommode mal des expérimentations hasardeuses, a fortiori lorsqu’on imagine possible de les arrimer à une invraisemblable sobriété marchande. Pour ce qui est des expérimentations foireuses, le siècle dernier a pourtant été incomparablement riche d’enseignements.
Aussi, est-ce à se demander si l’animateur télé et ses divers contradicteurs se proposent de résoudre les mêmes problèmes sociétaux. Pour le savoir, encore eût-il fallu préalablement que les uns et les autres s’entendent sans équivoque sur l’énoncé desdits problèmes, les formulent en termes simples, précis et irréfutables. Quitte à décevoir bien des ambitions déraisonnables, c’est précisément la mission essentielle qui semble devoir échoir au prochain Grenelle de l’environnement. En effet, si la table ronde ne parvenait qu’à ce résultat, ce serait déjà un progrès décisif sur la voie d’une cohésion défensive de la Nation. Obtenir un large consensus sur la définition précise de la nature et des propriétés des périls menaçant la pérennité de la civilisation, c’est largement subodorer les moyens de s’en prémunir.
Il se trouve que, sauf à pérorer indéfiniment dans un énième royaume de la mauvaise foi, les termes guère contestables de cet énoncé sont largement connus.
Le constat de carences
- Sans crainte d’être contredit, on peut considérer que plus de la moitié de la population mondiale est touchée par une pauvreté allant de la précarité plus ou moins chronique à l’extrême misère et au dénuement total.
- La raréfaction de ressources naturelles vitales - comme l’eau douce ou les potentialités agricoles de notre planète - est très préoccupante, tandis que l’épuisement programmé des énergies primaires fossiles est alarmant.
- La Terre est indubitablement entrée dans une phase de réchauffement accéléré paraissant n’avoir aucun précédent dans son Histoire, dont on n’identifie pas encore toutes les causes avec certitude. À court et à moyen terme, des bouleversements climatiques chaotiques aux conséquences redoutables s’en déduisent aisément, que d’aucuns affirment déjà à l’œuvre.
Les palliatifs
- Prétendre combattre la pauvreté et, dans le même temps, considérer vain de recourir à un accroissement très substantiel de la production des richesses porte un nom : le malthusianisme. De plus, se livrer à l’exercice rhétorique fumeux « du vivre autrement » ou de la nécessité « de réinventer d’urgence notre mode de développement économique » ne fait aucunement oublier son corollaire terrifiant, implicite dans le discours des nouveaux démiurges : l’employabilité de tous – garantissant à tous des revenus de subsistance – n’est et ne sera jamais requise.
Tourner le dos à cette inconséquente utopie ne peut donc que consister à privilégier le salut socio-économique de l’Humanité par une amélioration constante du rendement de ses activités, que, seules, la science et la technique sont capables de procurer. Aucun autre moyen n’est raisonnablement en mesure de limiter autant que faire se peut nos inévitables prélèvements vitaux sur le milieu naturel ?
- S’agissant des ressources vivrières et énergétiques de substitution - aux capacités desquelles nous serons prochainement condamnés à suspendre la prospérité, sinon la survie collective -, le diagnostic « nécessité absolue de la performance scientifique et technologique » est encore plus immédiat.
- Enfin, quelle que soit la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement climatique, il n’est guère contestable qu’elles en constituent, a minima, un fait aggravant. C’est pourquoi vouloir à juste titre s’attaquer à la cause anthropique du réchauffement climatique, ne saurait passer par autre chose qu’une radicale mutation industrielle, technologique et scientifique.
En toute rigueur, l’énoncé consensuel pourrait se limiter aux quelques considérations ci-dessus. Mais, s’en tenir à elles serait entretenir, non sans arrière pensée, une hypocrisie servie au quotidien à nos compatriotes. Nul n’ignore que ce qui importe avant tout à ces derniers ce sont les conclusions, quelquefois ô combien implicites, d’une analyse largement suggérée par le constat. Aussi, en complément des deux précédents paragraphes, celui des conclusions pourrait-il s’intituler : Quels moyens crédibles ?
Point n’est besoin d’approfondir le problème posé – multiforme seulement en apparence – pour avoir la révélation qu’il se ramène à un problème d’équivalence, unique, cher à Albert Einstein : un vertigineux problème énergétique… Pour s’en convaincre, il suffit de reprendre un à un les palliatifs au constat de carences, déjà énumérés.
Qui, aujourd’hui, peut sérieusement soutenir qu’il n’existe pas de lien de proportionnalité entre le besoin énergétique et un impératif aussi colossal de production de richesses ; ceci, quels que soient des progrès de l’intensité énergétique (vraisemblables) n’ayant pas, eux-mêmes, une incidence néfaste sur l’employabilité ?
La même question devient plus prégnante lorsqu’on aborde le défi du remplacement d’énergies fossiles représentant actuellement 80 % de l’énergie primaire consommée dans le monde, mais aussi lorsqu’on aborde celui de la satisfaction des besoins vitaux d’une population appelée à doubler sous 50 ans. Personne ne conteste plus que les Hommes ne couperont pas à l’obligation de produire massivement de l’eau douce par dessalement de l’eau de mer. Or, peu d’industries sont aussi « énergivores » que celle du dessalement. Quant aux substituts d’assolement et à l’accroissement des rendements phytosanitaires massifs auxquels nous condamne l’exiguïté de la planète, c’est également leur traduction énergétique qui pose le problème prioritaire.
Le nécessaire combat contre les émissions de gaz à effet de serre, singulièrement contre les émissions de CO2, n’est pertinent que dans le domaine énergétique.
Ainsi, le problème existentiel posé à l’Humanité apparaît-il tout à coup plus simple et tolère-t-il d’être très grossièrement illustré en quelques chiffres : dans les 30 ans qui viennent, l’Europe va devoir se doter d’une capacité de production électrique supplémentaire de l’ordre de 600 Gigawatts, le monde entier d’une capacité ne pouvant être inférieure au triple ou au quadruple de cette valeur.
La seule puissance évocatrice de tels chiffres tétanise littéralement Nicolas Hulot et la cohorte des Dessus et des Kempf, entre autres disciples, semblant croire efficace la conjuration rituelle d’une réalité déniée avec la constance médiatique que l’on sait.
En dehors d’une extravagante cure de désaccoutumance énergétique généralisée, que proposent tous ces visionnaires, en lieu et place des quelques 2000 à 4000 tranches thermo-électriques supplémentaires, absolument nécessaires à l’horizon 2030 ? Dans un pieu et incantatoire soupir, la réponse est toujours la même : l’émergence du sacro-saint nouveau bouquet énergétique... ce bouquet, paraît-il en devenir prometteur, satisfaisant aujourd’hui moins de 1 % de la consommation totale d’énergie, hormis les laborieux 10 % de la biomasse ! À en croire le très écouté Benjamin Dessus, ce qui, en termes d’impacts négatifs sur les biotopes, condamnerait sans appel un nucléaire aujourd’hui à 6,8 % du total - près de 20 % en France -, ne serait aucunement rédhibitoire pour l’éolien et pour le photovoltaïque. En évitant soigneusement de caractériser les extravagantes conséquences territoriales, industrielles, techniques, écologiques et humaines de l’implantation d’un projet électrogène d’une capacité éolienne et photovoltaïque de 2000 Gigawatts, ce monsieur se moque cyniquement du monde.
En définitive, sans en avoir probablement la totale conscience, la mouvance idéologique des Nicolas Hulot et des Benjamin Dessus s’emploie aujourd’hui à entraîner leur pays dans une impasse socio-économique et écologique funeste, avec une pugnacité qui laisse pantois. Portés par une communion médiatique quasi-religieuse, ils détournent leurs concitoyens d’un péril imminent en les égarant dans la complexe dialectique d’une biodiversité, somme toute en péril différé, dont le contenu télégénique et émotionnel est inépuisable. L’auteur de ces lignes, lui-même, n’hésite pas à avouer souffrir d’un conflit philosophique interne entre le rapport prométhéen de l’homme à la Nature et ce même rapport professant la centralité de cette dernière en tant qu’entité distincte de l’Homme. Mais, tandis que, chez lui, l’antagonisme demeure constamment arbitré par la lucidité, chez Nicolas Hulot il semble définitivement tranché et le moteur exclusif de toute son action.
André PELLEN
Par PELLEN
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Lundi 14 mai 2007
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/2007
18:25
Les nouvelles technologies induisent-elles une mutation de la civilisation la dotant de sécurités collectives supplémentaires ou, au contraire, lui conférant une fragilité croissante ?
Certains essayistes, parmi les plus visionnaires et les plus audacieux, n’hésitent pas à décliner la vie quotidienne d’une certaine Humanité des années 2025 à 2050 en termes de communications numériques ininterrompues entre toutes les classes créatives. Le cadre fusionnel de nos actuelles téléphonie, radio, télévision et informatique-internet - dotés d’instruments tels HSDPA, WiBro, WiFi et autre WiMax, probablement enrichis de nouveaux médias - devrait devenir le siège de l’activité de cette future agora.
Dans 20 à 30 ans, les industries de l’assurance et de la distraction devraient dominer une socio-économie solidarisée en réseaux virtuels et matériels, dans laquelle on ne parviendra plus à distinguer les activités de divertissement de celles de la communication et de celles de la création des richesses culturelles, marchandes et industrielles. Non seulement la densité des activités privées et/ou professionnelles de la nouvelle société devrait s’en trouver sensiblement accrue, mais elle devrait atteindre une population en progression quasi-exponentielle à travers le monde. Considérant que l’accroissement tendanciel du PIB mondial devrait être de l’ordre de 80 %, à l’horizon 2025, pareil scénario est assurément prometteur d’un supplément de prospérité sans doute inégalement réparti, en tout cas, de nature à atténuer significativement la misère du monde…
Sauf que la source unique de l’influx sensoriel et de l’influx moteur de ce frénétique organisme sociétal demeurera, plus que jamais, la production électro-énergétique. Aujourd’hui, de prégnantes exigences climatiques prescrivent à cette dernière de conquérir tout ou partie de certains secteurs industriels comme les transports, renforçant le caractère vital qu’on lui pressent dans l’avenir.
Une majorité de lecteurs ne soupçonnent probablement pas que chaque seconde de la fiévreuse activité de nos sociétés est à la merci d’un équilibre, par nature précaire, dont l’entretien requiert une vigilance professionnelle de tous les instants : l’équilibre « production-consommation » d’électricité. Ils n’imaginent sans doute pas davantage que, le temps d’une brève manœuvre de disjonction, la rupture irréversible de cet équilibre a le pouvoir exorbitant de faire reculer la civilisation… de plusieurs siècles ! Jusqu’à maintenant, ce redoutable voyage dans le temps a rarement excédé la semaine ; New-yorkais et Californien, détenteurs de records guère enviables, peuvent en témoigner. Mais, on imagine aisément une physionomie économique et sociale désormais cadencée à la fréquence électrique, confrontée au prolongement, sur plusieurs semaines, d’un black-out national comme celui du 10 décembre 1978.
De nos jours, compte tenu des dispositions techniques « post 10/12/78 », un tel black-out affecterait l’Europe entière. Voilà précisément tout juste quelques mois, celle-ci a bel et bien senti « le vent du boulet » de la panne électrique généralisée. De surcroît, on a toutes les raisons de craindre que cet incident ne soit le signe avant-coureur d’une ère de très grande instabilité électro-énergétique, hélas, appelée à durer, sinon à s’aggraver avec le temps. L’origine de l’incident est à chercher, au moins en partie, dans l’irresponsable politique énergétique d’outre-Rhin se jouant, avec une grande désinvolture, du devoir de solidarité continentale en la matière.
Pourquoi en est-on arrivé là ? Parce que, depuis plusieurs années maintenant, l’idéologie est parvenue à contaminer un domaine intellectuel dans lequel elle n’a pas sa place : celui de la rigueur scientifique et technique déterminant celui de l’usage rationnel des ressources collectives. Le potentiel électro-énergétique européen en est tellement atteint que, si rien de pertinent n’est fait de toute urgence, une à deux décennies pourraient bien être nécessaires à le rétablir dans la douleur. Le PDG d’EDF, Pierre Gadonneix, a beau clamer haut et fort qu’il faudra construire, en Europe, une capacité de 600 Gigawatts (600 milliards de watts) - soit « six fois le parc français actuel de 58 centrales nucléaires » -, en trente ans, pour satisfaire une croissance galopante de la consommation d’énergie, aucun écho ne lui parvient d’un partenariat européen manifestement autiste. C’est que - n’ayons pas peur des mots - l’idéologie, qui y triomphe, y a principalement été propagée par deux de ses éléments : l’Allemagne et l’Espagne. Nous devons à la promotion de leur désastreuse politique énergétique (20 Gigawatts éoliens allemands - la puissance de 20 tranches nucléaires - ne couvrent que 5 % de la consommation nationale !) une sous capacité de production communautaire, que l’ensemble des Européens n’ont pas fini de payer.
La mise en regard des aptitudes technologiques à la production électrique de divers instruments avec les besoins mondiaux émergents est pourtant de nature à démystifier le plus simplement du monde une logorrhée écolo-politique dont on a le plus grand mal à comprendre qu’elle parvienne encore à dévoyer des membres de la communauté scientifique.
Quels que soient les progrès de la recherche, énergies photovoltaïque et éolienne réunies ne seront, en moyenne, jamais capables de mettre à disposition permanente plus d’une douzaine de Mégawatts (millions de watts) au Km2 instrumenté, c’est-à-dire définitivement neutralisé pour tout autre usage, y compris agricole. Or, dans moins de 20 ans, plus d’un milliard de points de distribution domestiques et professionnels supplémentaires devraient être alimentés en Amérique latine, en Afrique du Nord et dans tout le sous-continent Sud-Est asiatique. Les économies émergentes de ces régions auront alors fait croître de moitié le revenu moyen de chaque habitant de la planète. On imagine difficilement qu’une majorité de ces nouveaux consommateurs - sans doute « numérisés » et épris de confort domestique - n’exige pas la mise à disposition individuelle d’au moins un Kilowatt électrique permanent. Au total, c’est une capacité de production de quelque 1500 tranches nucléaires que la nouvelle demande mondiale requiert sous 20 à 30 ans… non compris la demande supplémentaire d’Amérique du Nord, d’Australie, de Russie et du Japon !
Dès lors, qui peut encore sérieusement soutenir que, dans un quart de siècle, il sera possible de substituer à ce nécessaire potentiel de production d’au moins 2000 tranches nucléaires une capacité éolienne, photovoltaïque et même bio-massique équivalente… sans le secours massif du charbon et du gaz ? Quand bien même on ne sait quel ubuesque pouvoir transnational s’obstinerait à instrumenter les centaines de milliers de Km2 de territoires requis, comment parviendrait-il à financer un projet aussi pharaonique et, surtout, la compétitivité commerciale de ses innombrables ouvrages de production ? Où trouverait-il des ingénieurs et des techniciens assez fous pour prendre en charge l’exploitation d’un système électrique dont on sait d’avance la redoutable instabilité chronique ? Et encore, le pire d’un tel dessein n’a pas été évoqué : le pire serait le saccage de vastes territoires supplémentaires par les millions de kilomètres de lignes électriques et d’installations relais en tout genre, que le drainage à une échelle aussi extravagante d’énergies trop diffuses exigerait sans conteste possible !
En France, ceux qui, prétendant s’affranchir de la rationalité commerciale, continuent de revendiquer le renoncement de la Nation à de considérables économies d’échelle - 1600 fois la production d’un Kilowatt instable et assisté coûtera toujours plus cher que la production de 1600 Kilowatts pérennes - doivent supporter, seuls, les conséquences financières de choix individuels, purement dogmatiques. Le temps est en effet venu, pour les pouvoirs publics, de les amener à s’y résoudre en abrogeant cet insane arrêté Cochet obligeant EDF à acheter, entre autres, l’électricité éolienne à un prix prohibitif. Plus personne n’ignore qu’il en va de la réalité des vertus écologiques et anti-CO2 de l’aérogénération comme de celle des armes de destruction massives irakiennes. Pourtant, ce n’est pas à cette grossière imposture intellectuelle, très facile à démystifier, que la loi Cochet doit le plus son caractère inique. Elle le doit bien davantage au fait que, distraire des ressources collectives considérables dans ce genre de gadgétisation industrielle, constitue un crime contre une sécurité d’approvisionnement essentielle pour la Nation.
Car c’est une évidence criante que, non seulement le cœur des sociétés de demain promet d’être toujours plus électrique, mais se devra d’être toujours plus musclé et plus exempt de la plus éphémère défaillance. On devine aisément que la moindre arythmie d’un tel organe pourra causer de désastreuses lésions au futur corps social, que les conséquences du prolongement non maîtrisé de toute syncope y seront incalculables. Conscient de l’impressionnante vulnérabilité du bijou technologique auquel la vie des Hommes est en train de s’inféoder, est-il bien responsable de confier son alimentation à la chiche et capricieuse prodigalité du vent et du soleil ?
Soyons confiants ! Le temps du triomphe d’une sagesse résignée est plus proche qu’on ne le croit. Elle énonce qu’avec les seuls charbon, gaz, pétrole et nucléaire, la société n’a et n’aura jamais, avant très longtemps, d’autre choix crédible pour son salut énergétique.
André PELLEN
Par PELLEN
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Mercredi 11 avril 2007
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/2007
14:15
Quel que soit le résultat des prochaines élections françaises, une volonté communautaire à dominante verdâtre dessine, pour notre Europe, un avenir énergétique susceptible d’inciter certains mouvements associatifs à engager une phase radicalement plus active de la contestation. Leurs responsabilités sociétales devraient logiquement leur en faire obligation.
L’action phare, susceptible d’inaugurer de façon retentissante la confrontation de deux visions de l’Europe énergétique, serait d’attaquer, devant la cour européenne de justice, le principe de l’obligation d’achat de certaines productions électriques.
Pareille démarche, largement à la portée financière d’une communauté d’intérêts associatifs au moins franco-belge, pourrait être encouragée par des sympathisants suisses et recevoir l’appui de certains syndicats. Elle présente l’énorme avantage de hisser médiatiquement ce débat à son légitime niveau dans la hiérarchie des préoccupations d’avenir.
Un spécialiste du droit européen et des règles du marché ne devrait pas éprouver de grandes difficultés à monter un solide dossier de remise en cause de cette disposition. On voit mal, en effet, comment un marché de l’énergie « réputé libre et sans entrave » peut s’accommoder de l’obligation de consommer les plus chères et les plus instables énergies électrogènes, en considération d’arguments non-économiques, de surcroît largement contestables.
Le but de l’opération ne serait pas tant d’obtenir pleinement gain de cause - prétendre vaincre une ligue politico-industrielle, désormais aussi puissante, relève de la gageure - qu’une contrepartie pour les Européens n’acceptant pas de se voir imposer une surfacturation dont l’origine monopolistique « entendue » est pourchassée dans tous les autres secteurs marchands du continent. Des commissaires, habituellement très sourcilleux sur la préservation « des intérêts inaliénables du consommateur », devront expliquer pourquoi ils sont si accommodants avec un mélange des genres - économie libérale/économie administrée - pratiqué au gré des convenances politiciennes.
La contrepartie, conforme au principe de subsidiarité, venant aussitôt à l’esprit serait l’acceptation définitive de la coexistence concurrentielle du marché (libre) européen de l’électricité et des marchés nationaux réglementés, dans les pays qui la souhaitent. Même si, dans ces pays, le développement à échelle industrielle de l’éolien et du photovoltaïque ne devait pas s’en trouver immédiatement interrompu, ce développement deviendrait une affaire de politique exclusivement nationale et l’acceptation de son surcoût, dans le prix public du KW.h, constamment à la merci du renouvellement de la classe dirigeante… Un renouvellement qui, à terme, ne manquerait pas de se révéler l’expression élective du refus majoritaire de continuer une politique énergétique absurde.
Outre que, pour l’instant, l’éolien et le photovoltaïque ne pèsent pas encore trop lourd dans le prix du KW.h français, une telle décision communautaire confèrerait à notre pays un rôle énergétique central et privilégié, qui, du jour au lendemain, mettrait nos partenaires au pied du mur, la volonté purement idéologique de leurs ressortissants à l’épreuve des surcoûts économiques et de la dégradation de leur confort.
Nos compatriotes ne doivent surtout pas oublier que, dès le premier juillet prochain, tous les usagers domestiques de l’hexagone se verront basculés autoritairement sur le marché libre de l’électricité, à la faveur de la première mutation ordinaire : changement de domicile, modification de la puissance souscrite…
Ce dessaisissement non compensé des légitimes dividendes dus à des Français ayant massivement investi dans l’outil industriel produisant l’électricité la plus abondante, la moins polluante et la moins chère d’Europe, s’apparente à une intolérable spoliation. Aujourd’hui, le schéma marchand du continent est à ce point verrouillé que militants, sympathisants ou seulement indifférents à la cause électronucléaire ne peuvent plus désormais que compter sur la conquête procédurale pour s’affranchir d’une législation promulguée à la hâte par un mouvement politique désormais très marginal dans le corps électoral actuellement mobilisé.
Il est donc grand temps de prendre conscience qu’une réelle convergence d’intérêts populaires et associatifs résolument hostiles au ruineux paradigme éolien peut encore être efficacement mise à profit. Pour cela, les intéressés doivent, sans tarder, se départir d’une trop grande discrétion revendicative et manifester haut et fort, par une action spectaculaire, leur totale confiance en leur capacité à influencer la politique nationale et européenne. Prendre ainsi l’initiative d’investir ce terrain médiatique depuis trop longtemps abandonné à un seul protagoniste revient sans conteste au mouvement associatif concerné. Des circonstances historiques sérieuses lui font une obligation morale de fédérer toutes ses structures sur un projet revendicatif spécifique.
L’explication et la pédagogie de masse ne sont jamais aussi efficaces que placées sous les feux d’une actualité contrainte par l’événement. Les actions juridiques de terrain - tant redoutées des multiples convoitises suscitées par l’extravagant gâteau éolien - menées par la fédération « Vent de colère » sont là pour le prouver. Elles prouvent davantage encore qu’un interlocuteur des pouvoirs publics incontournable peut en émerger. Aussi, mesdames et messieurs les dirigeants associatifs concernés, vous revient-il de créer cet événement attendu par beaucoup plus de gens qu’une certaine propagande ne le laisse accroire. La prégnance de certaines perspectives géopolitiques vous confronte à vos responsabilités citoyennes.
André PELLEN
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Mercredi 11 avril 2007
3
11
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/2007
14:07
Quel que soit le résultat des prochaines élections françaises, une volonté communautaire à dominante verdâtre dessine, pour notre Europe, un avenir énergétique susceptible d’inciter certains mouvements associatifs à engager une phase radicalement plus active de la contestation. Leurs responsabilités sociétales devraient logiquement leur en faire obligation.
L’action phare, susceptible d’inaugurer de façon retentissante la confrontation de deux visions de l’Europe énergétique, serait d’attaquer, devant la cour européenne de justice, le principe de l’obligation d’achat de certaines productions électriques.
Pareille démarche, largement à la portée financière d’une communauté d’intérêts associatifs au moins franco-belge, pourrait être encouragée par des sympathisants suisses et recevoir l’appui de certains syndicats. Elle présente l’énorme avantage de hisser médiatiquement ce débat à son légitime niveau dans la hiérarchie des préoccupations d’avenir.
Un spécialiste du droit européen et des règles du marché ne devrait pas éprouver de grandes difficultés à monter un solide dossier de remise en cause de cette disposition. On voit mal, en effet, comment un marché de l’énergie « réputé libre et sans entrave » peut s’accommoder de l’obligation de consommer les plus chères et les plus instables énergies électrogènes, en considération d’arguments non-économiques, de surcroît largement contestables.
Le but de l’opération ne serait pas tant d’obtenir pleinement gain de cause - prétendre vaincre une ligue politico-industrielle, désormais aussi puissante, relève de la gageure - qu’une contrepartie pour les Européens n’acceptant pas de se voir imposer une surfacturation dont l’origine monopolistique « entendue » est pourchassée dans tous les autres secteurs marchands du continent. Des commissaires, habituellement très sourcilleux sur la préservation « des intérêts inaliénables du consommateur », devront expliquer pourquoi ils sont si accommodants avec un mélange des genres - économie libérale/économie administrée - pratiqué au gré des convenances politiciennes.
La contrepartie, conforme au principe de subsidiarité, venant aussitôt à l’esprit serait l’acceptation définitive de la coexistence concurrentielle du marché (libre) européen de l’électricité et des marchés nationaux réglementés, dans les pays qui la souhaitent. Même si, dans ces pays, le développement à échelle industrielle de l’éolien et du photovoltaïque ne devait pas s’en trouver immédiatement interrompu, ce développement deviendrait une affaire de politique exclusivement nationale et l’acceptation de son surcoût, dans le prix public du KW.h, constamment à la merci du renouvellement de la classe dirigeante… Un renouvellement qui, à terme, ne manquerait pas de se révéler l’expression élective du refus majoritaire de continuer une politique énergétique absurde.
Outre que, pour l’instant, l’éolien et le photovoltaïque ne pèsent pas encore trop lourd dans le prix du KW.h français, une telle décision communautaire confèrerait à notre pays un rôle énergétique central et privilégié, qui, du jour au lendemain, mettrait nos partenaires au pied du mur, la volonté purement idéologique de leurs ressortissants à l’épreuve des surcoûts économiques et de la dégradation de leur confort.
Nos compatriotes ne doivent surtout pas oublier que, dès le premier juillet prochain, tous les usagers domestiques de l’hexagone se verront basculés autoritairement sur le marché libre de l’électricité, à la faveur de la première mutation ordinaire : changement de domicile, modification de la puissance souscrite…
Ce dessaisissement non compensé des légitimes dividendes dus à des Français ayant massivement investi dans l’outil industriel produisant l’électricité la plus abondante, la moins polluante et la moins chère d’Europe, s’apparente à une intolérable spoliation. Aujourd’hui, le schéma marchand du continent est à ce point verrouillé que militants, sympathisants ou seulement indifférents à la cause électronucléaire ne peuvent plus désormais que compter sur la conquête procédurale pour s’affranchir d’une législation promulguée à la hâte par un mouvement politique désormais très marginal dans le corps électoral actuellement mobilisé.
Il est donc grand temps de prendre conscience qu’une réelle convergence d’intérêts populaires et associatifs résolument hostiles au ruineux paradigme éolien peut encore être efficacement mise à profit. Pour cela, les intéressés doivent, sans tarder, se départir d’une trop grande discrétion revendicative et manifester haut et fort, par une action spectaculaire, leur totale confiance en leur capacité à influencer la politique nationale et européenne. Prendre ainsi l’initiative d’investir ce terrain médiatique depuis trop longtemps abandonné à un seul protagoniste revient sans conteste au mouvement associatif concerné. Des circonstances historiques sérieuses lui font une obligation morale de fédérer toutes ses structures sur un projet revendicatif spécifique.
L’explication et la pédagogie de masse ne sont jamais aussi efficaces que placées sous les feux d’une actualité contrainte par l’événement. Les actions juridiques de terrain - tant redoutées des multiples convoitises suscitées par l’extravagant gâteau éolien - menées par la fédération « Vent de colère » sont là pour le prouver. Elles prouvent davantage encore qu’un interlocuteur des pouvoirs publics incontournable peut en émerger. Aussi, mesdames et messieurs les dirigeants associatifs concernés, vous revient-il de créer cet événement attendu par beaucoup plus de gens qu’une certaine propagande ne le laisse accroire. La prégnance de certaines perspectives géopolitiques vous confronte à vos responsabilités citoyennes.
André PELLEN
Par PELLEN
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Mercredi 4 avril 2007
3
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/2007
15:01
Quand l’extraction du charbon tue annuellement 6000 mineurs en Chine, l’usage du gaz des dizaines, voire des centaines d’Européens, la prophétisation rebattue de nouveaux « Tchernobyls » ne prendrait qu’un caractère pathétique si l’aspiration au désastre, qui en transpire, ne la rendait méprisable. Ni la tenace réalité industrielle du secteur de l’atome, ni ses prodigalités énergétique et environnementale ne semblent en mesure d’ébranler cette malédiction prête à enfourcher n’importe quel cheval de bataille, pourvu que perdure la vindicte antinucléaire. Celle-ci n’en a pas moins dû se résigner à un déclassement du pire, que la sûreté des installations rarement prise en défaut a rendu manifeste. De fait, les rhétoriciens de l’apocalypse doivent désormais se contenter de pis-aller argumentaires ayant pour noms : «épuisement rapide des réserves d’uranium » ; « accumulation irresponsable de produits radioactifs », le péril héréditaire absolu et définitivement souillé de l’infamie du déchet.
Depuis que le Monde est Monde, la vie terrestre prospère-t-elle sur la croûte ténue d’un brûlot radioactif ? Le matériau de cette gangue féconde et celui de ses créatures exsudent-ils, de toutes parts, la prodigieuse instabilité élémentaire de l’Univers ? Les sectateurs d’un « rousseau-isme » puéril, très en vogue, n’en ont cure. Pour eux, une immanente déontologie du vivant interdit à l’Homme de potentialiser les fonctions délétères de Dame Nature. Peu leur importe qu’une radioactivité artificielle, promise au moins partiellement à la neutralisation, ne puisse jamais être à l’échelle de celle de la matrice de toute chose. Peu leur importe que ses contrôle et quantification rigoureux en garantissent durablement la maîtrise.
Ils considèrent que la transmission d’une planète viable aux générations futures est au prix d’une dénucléarisation totale de la civilisation : exigence morale qu’ils se fixent pour mission de faire triompher, coûte que coûte, chez tous leurs compatriotes et au-delà. Ces compatriotes qui, non contents d’avoir déjà tiré 1100 milliards d’euros sur les comptes virtuels de protégés encore à naître, dispersent annuellement quelque 2 millions de tonnes de déchets hautement toxiques dans l’Eden végétal et aquatique de leur descendance, sans que leurs oracles ne s’en émeuvent plus que ça. Ainsi, cette radioactivité qui, à fortes doses, peut nous guérir du cancer, serait-elle plus redoutable pour le genre humain qu’Arsenic, Cadmium et autre Osmium, dont la toxicité est éternelle, la traçabilité des dépôts sauvages, hélas, à jamais perdue. Mais, de qui ces sinistres prédicateurs peuvent-ils bien détenir leur habilitation à statuer sans partage sur le code sanitaire de la préservation de l’espèce ?! Qui ne se décide, enfin, à les regarder brandir leur Tchernobyl faussement prémonitoire, comme les Témoins de Jéhovah leur première guerre mondiale, « providentiel » événement dont l’ésotérique pronostic fit les beaux jours de la secte ?…
Voilà un an, précisément, continuait de s’instruire, en grandes pompes nationales, le procès médiatique de l’infortuné Professeur Pellerin, désigné au châtiment populaire comme le responsable expiatoire de milliers de cancers thyroïdiens. Dans le même temps, micros et caméras empressés recueillaient le témoignage bouleversant d’une Galina Ackerman exhibant à l’envi et dans une très habile association d’idées avec la catastrophe de Tchernobyl toute la misère bélarusso-ukrainienne contemporaine. Son « cœur tchernobylien » fit un tabac. Il émut jusqu’aux larmes le gotha médiatique français - tout particulièrement ses grands prêtres radiophoniques du matin et du soir - dans l’indifférence cynique de notre élite médicale. Escortée, dans la vulgate écrite et parlée, de ces célèbres médecins dissidents de la science officielle, qu’aucun patient français - fût-il antinucléaire - ne s’aviserait de consulter, elle s’employa, non sans professionnalisme, à saisir aux tripes une démocratie d’opinion dont la générosité bien connue est sans limite avec tous les accablés de la Terre. On pardonne volontiers à ces voltigeurs de nations exsangues de s’employer à leur attirer toute la ressource possible d’une solidarité internationale aussi abondante que plus sensible à certaines victimisations. Ils ne peuvent trouver collaborateurs plus zélés que français pour les assister dans leur noble mission…
En 2006, nous fûmes quelques-uns à nous élever contre ce maccarthysme mâtiné de révolution culturelle mettant en scène avec un rare acharnement les étapes de la destruction méthodique d’une vie et de ses prolongements affectifs. Il ne fait pourtant guère de doute qu’in fine la tribune de l’Histoire rendra pleinement justice à Pierre Pellerin. Pleinement parce qu’elle ne se contentera pas de le laver des extravagantes accusations dont on l’accable depuis 20 ans : elle réhabilitera son éminente compétence en révélant qu’il avait eu raison contre une démagogie et une idéologie aujourd’hui très influentes jusque dans les instances gouvernementales européennes. Dans ce surréaliste procès de l’expertise contestée par le dogme, une communauté scientifique censée investie de la prérogative arbitrale soutient très majoritairement l’accusé. Le génie national ne se grandirait pas en continuant de dédaigner son avis et en concédant à la vox populi la ritualisation perpétuelle d’un procès formel ou informel rappelant les tropismes sociaux d’un autre temps.
S’il est un fait que les fruits amers d’une propagande usée trouvent moins en moins preneurs, c’en est un également que leur consommation antérieure a durablement marqué la mentalité française. Ce peuple, très susceptible sur son prestige et sur sa contribution historique à la défense de toutes les libertés, en est aujourd’hui à identifier une nouvelle communauté d’hérétiques : les partisans de l’indépassable fléau de l’Humanité, nommé « atome civil », distingués dans l’opprobre par le qualificatif de « nucléocrates ». L’image maudite du parti de l’anti-nature encombre la conscience collective au point d’encourager l’excommunication républicaine sous toutes ses formes.
Ainsi, Jean Michel Jacquemin, gardien intransigeant de la morale publique, n’a-t-il pas craint d’assigner en tribunal l’auteur du manifeste « Vérité Tchernobyl » de 2006. Ce parangon de la vertu sociale - protagoniste peu recommandable du procès de l’ARC - n’a toutefois pas jugé opportun de se constituer en porte-parole d’une cause « thyroïdienne » perdue d’avance, dans laquelle il s’enorgueillit d’avoir entraîné quelques dizaines de malades désemparés. La paternité revendiquée de leur dossier d’accusation, il l’utilise surtout pour tenter de convaincre le juge que son dernier livre, dont la parution devait opportunément coïncider avec la célébration d’un anniversaire promis au plus grand retentissement, ne pouvait qu’être un best seller. À l’en croire, c’aurait été immanquablement le cas… sans la démarche d’André Pellen qu’il accuse d’avoir sournoisement cherché à saboter la portée commerciale de l’ouvrage ! Que la parution de ce dernier fut postérieure à la diffusion dudit manifeste ne dissuade nullement le plaignant de réclamer, au civil… la bagatelle de 85000 euros à son adversaire ! A-t-on jamais observé, dans ce pays, plus perverse et plus vénale atteinte de la liberté d’expression ?
Malgré tout, prétendre susciter, avec cette affaire, une empathie médiatique comparable à celle dont Robert Redeker et Charlie Hebdo viennent d’être gratifiés, ne manquerait pas d’apparaître indécent, voire obscène, à nombre de nos compatriotes. Leur demander de descendre dans la rue pour la sauvegarde d’un concept aussi existentiel que celui de la laïcité leur semble relever des plus nobles exigences républicaines. Mais, les inviter à se commettre - fût-ce au nom d’une liberté fondamentale - avec le tenant d’une cause aussi triviale et aussi contestable insulte littéralement leur sens moral !
Conçoit-on, aujourd’hui, un moderne Zola dénonçant cette hostilité trop bien orchestrée ? Imagine-t-on un journaliste français fustigeant le trop consensuel landerneau médiatique ? Qu’il s’en trouve un seul pour s’indigner haut et fort contre ce dévoiement cynique et ô combien banalisé de l’instrument judiciaire serait déjà le signe d’une rassurante susceptibilité déontologique. Ce serait, en tout cas, un heureux présage au renouveau des mœurs politiques et de la morale civique, auquel les Français disent aspirer. Mais, d’aucuns préfèreraient y voir le ressaisissement de la lucidité collective enfin capable d’inciter la classe médiatique à se résoudre à ce débat public dont notre démocratie prétendument de référence est en droit d’attendre la plus grande rigueur ? L’an dernier, le collectif « vérité Tchernobyl » ne lui demandait rien d’autre.
André PELLEN
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Mercredi 14 mars 2007
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14:47
Du haut de son magistère médiatique, le révérend père Nicolas Hulot a tranché : l’EPR doit être abandonné. Mais, auquel de ses préceptes rattacher la sentence, est-on tenté de lui demander ? À la logique de durabilité… de durabilité de quoi ou de qui ? À l’urgence d’anticiper la raréfaction du pétrole et de diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre sous 50 ans ? À moins que ce ne soit à l’urgence d'attendre la quatrième génération de réacteurs nucléaires, dont, selon lui, la mise en œuvre industrielle peut aisément se passer de l'étape EPR ?
Un pan de la transcendante érudition du producteur TV lui échappe probablement. Sinon, comment expliquer que sa logique de substitution progressive des énergies renouvelables au nucléaire prive durablement les réacteurs de quatrième génération… de leur carburant ? Car, n’en déplaise à notre homme, la quatrième génération sera avant tout cette surgénération - il n’a tout de même pas oublié Phénix et SuperPhénix ! - exigeant la production préalable de quantités considérables de plutonium que, seules, des décennies de fonctionnement des réacteurs actuels sont en mesure de fournir.
La construction de la filière EPR sert sans conteste les exigences essentielles de Nicolas Hulot. Aussi, son argumentation « anti » n’en apparaît-elle que plus spécieuse et plus impropre à dissimuler la promotion d’un nouveau dogme : un «environnementalisme» - selon Vaclav Klauss - qui n’est pas sans rappeler les utopies et idéologies en «isme» du 20 ème siècle, dont l’Humanité ne parvient toujours pas à se guérir des terribles stigmates. Hélas, cette utopie-là paraît infiniment plus redoutable que ses devancières et « Décroissantisme » serait un terme plus approprié pour rendre compte de son projet. La décroissance, voilà, selon ses adeptes, la clé de la pérennité du développement harmonieux des règnes animal et végétal ! Non pas la décroissance démographique - la seule qui s’impose réellement et que le monde entier ignore pudiquement - mais rien moins que la décroissance économique.
Alors que les 2/3 naufragés de l’Humanité peinent à atteindre un stade de développement pré-industriel très loin d’assurer la subsistance des populations, voilà que, du fond de l’horizon, les enfants gâtés de la civilisation s’égosillent à leur prescrire de temporiser, d’attendre qu’ils retournent les rejoindre pour brûler leurs vaisseaux ! On peut croire sur parole les prophètes de ce peuple élu des voyageurs de l’opulence : l’inaccessible eldorado, dont ils reviennent, ne serait, en fait, qu’un mirage, une impasse funeste pour le genre humain tout entier.
Automodération des consommations, voire ascèse, sous toutes ses formes, voilà désormais les maîtres-mots de l’ère du développement durable qui nous est promise. Les progrès plus que souhaitables de l’efficacité énergique ne manqueront pas d’atteindre rapidement leurs limites et l’énergie conventionnelle ne tardera pas à devenir, elle aussi, un bien rare et précieux. Mais alors, sur quelles marges de richesses constamment décroissantes les nouveaux démiurges comptent-ils dégager les ressources nécessaires au déploiement d’une solidarité planétaire dont la défaillance apparaîtra de plus en plus comme le péril numéro 1 de l’Humanité ?
Nicolas Hulot prétend n’avoir pas à répondre à cette question. Il dit, à juste titre, n’être pas un politique. Il exige seulement de faire traverser régulièrement sa classe maternelle par le chemin jugé par lui le plus pertinent, celui des pistes de Roissy, et, à ce titre, d’interrompre, à chaque fois, la totalité du trafic de l’aéroport international pendant ¾ d’heures !..
Le problème c’est qu’en France il est désormais le porte-parole quasi exclusif de la mouvance écologiste dont il a littéralement atomisé la représentation politique… et ce dont, au passage, on ne lui sera jamais assez reconnaissant ! Mais, lorsqu’on observe l’indigence des intentions de votes que les Voynet, Bové et autre Lepage concentrent sur leurs noms, on est en droit de se demander où sont passés les électeurs putatifs de Nicolas Hulot. À l’évidence, ils se précipitent en masse dans la bergerie d’un François Bayrou bien tiède à reconnaître les vertus de l’électronucléaire. Croisons les doigts pour que Corinne Lepage - anti-EPR notoire - ne pèse de tout son poids politique pour le refroidir pas davantage...
André PELLEN
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Samedi 3 février 2007
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LETTRE OUVERTE A “L’ALLIANCE POUR LA PLANETE” ET “AUX AMIS DE LA TERRE”, COMMUNIQUE DE PRESSE, AVEC COPIE AUX SIGNATAIRES ET SYMPATHISANTS DU COLLECTIF “VERITE TCHERNOBYL”Madame, Monsieur,
IL EST TEMPS DE PASSER À AUTRE CHOSE
Le mouvement collectif du 1er février 2007 a peut-être représenté les prémices d’un vaste phénomène éthologique qui, sous des formes diverses, ne cessera plus de s’affirmer, de s’amplifier et de converger vers la recherche de l’efficacité universelle. Par-delà les modes de gestion politiques des Etats, sa volonté de structuration pourrait, en effet, se renforcer progressivement sous toutes les latitudes.
Le caractère improvisé de l’initiative française n’en a pas moins représenté quelque péril pour la stabilité du système électrique français. À tout le moins, le succès de la mobilisation recherchée portait infailliblement en germe le risque d’une émission supplémentaire de gaz à effet de serre (GES). Par bonheur, l’indéniable succès de l’opération résida dans son caractère symbolique, dans le fait que, totalement absorbée par les régulations automatiques de puissance, la baisse préméditée de ce modeste pourcent de consommation nationale n’eut aucune influence significative sur la sollicitation en cours des outils de production.
Pourtant, la démarche probablement intuitive des promoteurs de ce mouvement était non seulement la bonne, mais mérite désormais d’être structurée, amplifiée et pérennisée en vue d’une action citoyenne durable - parmi d’autres - de limitation massive de nos émissions de GES. On peut la présenter comme suit.
La production électrique est responsable de 40 % des émissions mondiales de CO2, le charbon rejetant, à lui seul, 25% de tous les Gaz à effet de serre (GES). Hélas, force est de constater qu’à défaut d’un ressaisissement de la communauté humaine, aussi radical qu’universel, ces proportions sont inexorablement appelées à perdurer, sinon à augmenter.
EDF, en particulier, sollicite de plus en plus souvent un parc « électro-thermique fossile » (fuel, gaz, charbon) de 9,5GW - représentant 10% de la puissance totale de son parc de production - pour couvrir quelque 15% des besoins de la puissance électrique nationale appelée en pointe. Une tendance qui s’accélère irrésistiblement, ainsi qu’en témoignent nos 21 TWh thermiques fossiles produits en pointe, en 2005, contre les 14 prévus, soit une augmentation observée de 28% par rapport à l’année précédente.
Il n’est donc pas surprenant que, d’ici à 2008, le projet industriel de l’opérateur historique prévoie d’augmenter sa capacité de production thermique fossile de pointe de 3100 MW. Non seulement, ce ne sera là qu’un début, mais, dès le premier juillet prochain, ses nouveaux concurrents s’apprêtent à lui opposer la production de quelque 4000 MW « électro-thermiques fossiles » supplémentaires sur un marché français de l’électricité désormais totalement ouvert à la concurrence.
Il se trouve que, par la grâce de la directive européenne NEC, le Plan National d’Allocation des Quotas (PNAQ) de CO2 attribué à la seule EDF - de 24 millions de tonnes par an pour la période 2005-2007 - doit prochainement passer à + 0%... de GES (référence 1990)… pour l’ensemble du pays ! Or, personne n’ignore que, chez nous comme chez nos voisins, la production de GES des seuls transports est en constante croissance.
De toute évidence, une mobilisation citoyenne réellement déterminée à relever un défi de cette ampleur - même non prescrit - ne trouverait ses premières marges de manœuvres, les plus commodes et les plus accessibles, que dans la limitation volontaire de la consommation électrique nationale de pointe.
S’efforcer collectivement de la contenir ne peut que consister à s’employer à neutraliser les velléités de construction et/ou de mises en service de chaudières à charbon et à gaz par une auto-modération planifiée de ce type de consommation. Soit… mais comment ? Tout simplement à l’aide du procédé ci-après exposé, dérivé de dispositions commerciales existantes, que l’on appellera Effacement Concerté durant les Heures À Pointes ; l’usage quelque peu artificiel du « À » n’ayant pour toute justification que de parvenir à l’acronyme évocateur et mnémotechnique : ECHAP.
Il ne s’agirait pas d’un contrat tarifaire passé entre le consommateur et son fournisseur, mais d’un contrat moral dûment formalisé entre l’usager et le gestionnaire national des mouvements d’énergie, RTE. Sur la base du volontariat, ce dernier serait probablement tout disposé à constituer le fichier ECHAP, ô combien précieux, des clients domestiques et professionnels se déclarant potentiellement prêts à limiter leur puissance de pointe, de façon aléatoire mais parfaitement programmable.
Les champs d’identification de chacun de ces volontaires ne seraient pas nécessairement nombreux : nom, adresse, puissance souscrite, puissances moyennes utilisées en hiver et en été calculées à partir des consommations… Moyennant des schémas préétablis et codés de modérations de puissance - libellés en pourcentages des puissances individuelles potentiellement appelables et en créneaux horaires - et moyennant le recours à un outil informatique suffisamment performant, l’optimisation quotidienne des prévisions nationales de pointes ne serait ensuite qu’un jeu d’enfant pour RTE.
Chaque adhérent ECHAP, à un moment donné disposé à l’effacement, aurait ainsi l’obligation de se déclarer à 24 heures, par courriel ou par SMS bénéficiant d’une totale garantie de confidentialité. Il devrait alors décliner son identifiant ainsi que le code rendant compte du pourcentage d’auto-modération choisi et du ou des créneaux horaires retenus, le lendemain, dans les deux plages de pointes « 8 h – 11 h30 » et « 17 h30 – 20 h30 ».
On entrevoit sans peine le potentiel d’optimisation qu’une telle organisation laisse raisonnablement espérer - par exemple, en matière d’interactivité numérique entre les partenaires, ou en ce qui concerne l’usage d’un comptage d’énergie désormais télé-consultable - et sur lequel il n’est pas nécessaire de spéculer pour se convaincre qu’il dispenserait RTE de mobiliser, plus que nécessaire, des outils de production thermique fossile de pointe. On pourrait d’ailleurs étendre la spéculation aux probables rétroactions économiques positives qu’une telle démarche collective est susceptible de générer.
C’est donc le moment ou jamais de rassembler l’ensemble des Français de bonne foi dans une union sacrée dont tous les efforts doivent désormais tendre vers un objectif national supérieur. L’heure n’est plus à la controverse sur le bien-fondé du nucléaire civil, que des considérations partisanes et idéologiques se plaisent à entretenir au mépris d’une réalité vécue et d’une autre, en gestation, pleine de promesses. Devant la gravité de la situation, la plus élémentaire sagesse doit amener à reconnaître que, de part et d’autre de cette ligne de divergence bien dérisoire, des citoyens également respectables ont un même souci de léguer à leurs descendants une planète viable, tant sur le plan environnemental et biotique, que sur le plan socio-économique et diplomatique. Or, la dégradation du climat et l’épuisement prévisible de ressources naturelles vitales placent aujourd’hui le genre humain devant un défi dont l’enjeu n’est autre que sa pérennité.
Pour les adeptes de l’écologie nucléaire, il va de soi que prétendre relever un défi de cette nature passe fatalement par le recours à l’énergie nucléaire, que ce que la science et la technique ont défait ici-bas, seules, la science et la technique peuvent désormais le refaire. Peu importe que les associations écologiques traditionnelles ne partagent pas la conviction de cette évidence. Si elles ne font pas un préalable rédhibitoire du renoncement absolu à l’énergie atomique, une puissante synergie devient alors possible entre toutes les composantes du mouvement associatif français, en mesure de le doter d’une potentialisation décisive dans sa mobilisation contre l’ennemi prioritaire du moment : le CO2. Les associations écologiques pro-nucléaires y seraient prêtes, de même qu’à proposer sans attendre à leurs partenaires potentiels de solliciter RTE sur la viabilité du projet ci-dessus.
Bien cordialement, ingénieur d'EDF retraité, animateur du collectif "Vérité Tchernobyl"
André PELLEN
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Lundi 29 janvier 2007
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Critique (remise à la rédaction du journal) de l’article « Le trou noir de l’après-2012 » de Christian de Perthuis, Professeur associé à l’université Paris-Dauphine, responsable de la mission climat de la Caisse des dépôts et consignations, dont les propos ont été recueillis par Cécile Ducourtieux et Hervé Kempf dans Le Monde du 28/1/2007.Il fut un temps où l’analyse religieuse était souveraine sur celle de toutes les autres disciplines de l’esprit. Elle est aujourd’hui supplantée par l’analyse économique, suivie de très près par l’analyse politique. À en croire les tenants de ces dernières - très répandus dans la presse d’opinion et dans les partis politiques -, n’importe quel problème de civilisation, quelle qu’en soit la nature, peut toujours se réduire à un problème économique et/ou politique, réduction à laquelle aucune réalité physique ne saurait résister.
L’une de ces réalités va-t-elle jusqu’à représenter un péril majeur pour la communauté humaine ? Qu’à cela ne tienne : il suffit de décider d’en inventer les parades organisationnelles et scientifiques, exclusivement conformes aux canons de l’idéologie, et de programmer leurs mises sur le marché dans des délais intangibles… C’est simple comme un processus électoral ! Le problème ainsi posé ne se ramène ensuite qu’à un problème de mobilisation des capitaux requis, décliné en sempiternelles mutations souhaitables du libéralisme économique et de la mondialisation, en implications sur les niveaux de vie et en arbitrages des confrontations diplomatiques d’intérêts divergents…
En un mot, pour tous les Christian de Perthuis, auxquels la Presse écrite et audiovisuelle offre complaisamment et sans grand partage ses colonnes, à l’impossible scientifique et technologique l’économie et la politique peuvent très bien être tenus. Les journalistes en sont aujourd’hui tellement persuadés qu’ils jugent superflus l’avis des chercheurs en sciences dures, celui des ingénieurs - voire celui des industriels - sur des problèmes sociétaux majeurs, tels que ceux de l’épuisement des ressources naturelles ou du réchauffement climatique… Ils en sont persuadés au point que l’absence soigneusement préméditée du mot « nucléaire », dans le docte diagnostic de Christian de Perthuis, ne les interpelle même pas.
André PELLEN
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Vendredi 26 janvier 2007
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16:30
Fessenheim contre EPR : serait-ce là le deal arraché à Ségolène Royal par Jean-Pierre Chevènement ? L’examen objectif des considérations suivantes légitime la question.
La récente initiative de la lettre à « Stop Fessenheim » - trop médiatiquement opportune pour n’avoir pas été concertée -, tranche singulièrement avec la stratégie affichée de ce dialogue participatif réputé artisan d’un programme politique de la candidate socialiste attendu pour mi-février, au plus tôt.
L’idée a peut-être germé dans l’esprit des stratèges de la rue de Solférino que, troquer une production de quelque 1600 mégawatts électriques à une production de 1700 à 1800 mégawatts habilement dépeinte comme obsolète, pourrait gagner la résignation d’une part significative des pronucléaires de gauche.
De fait, pareil scénario ne placerait pas la desserte électrique de l’Alsace devant un problème technique rédhibitoire, dans la mesure où l’interconnexion très haute tension (THT), via la plateforme parisienne, est très envisageable. En revanche, le nouveau schéma industriel aurait l’inestimable avantage de dynamiter les fondements d’une bronca « anti-ligne THT » encore mal organisée. S’entêter à contester un ouvrage devenu aussi vital ne manquerait pas, en effet, de susciter la réprobation générale de l’opinion publique.
D’un point de vue strictement professionnel, moyennant quelques stages dont la réputation d’efficacité n’est plus à faire, EDF ne rencontrerait pas la moindre difficulté à réaffecter ses 660 agents de Fessenheim sur le site de Flamanville.
Les dégâts économiques collatéraux considérables - en ce qu’ils peuvent hypothéquer très sérieusement l’avenir international du major industriel qu’est AREVA, la survie de ses innombrables sous-traitants et même la santé économique de la région Cotentin - de l’abandon brutal de l’EPR français font sans doute réfléchir certains responsables du PS qui déploient probablement beaucoup d’énergie à tenir en respect leurs apprentis-sorciers.
Et c’est un fait que, de ce point de vue, la fermeture de Fessenheim apparaît, tout à coup, comme le tribut le moins lourd à payer, d’une manière ou d’une autre, à ces Verts ou à ces héritiers, sans lesquels l’accession au trône est jugée compromise. Le spectre du cauchemar SuperPhénix reprend alors forme, démontrant que, contrairement à une idée reçue, l’Histoire peut sans vergogne repasser les mêmes plats immangeables. Comme en 1997, on aura bien pris soin de ne planter des drapeaux financiers à ses contribuables qu’à l’extérieur des frontières ; la pilule de l’ardoise interne du sabordage industriel étant d’autant mieux dissoute dans la rhétorique officielle et partisane qu’AREVA hériterait d’un chantier de démantèlement somptueux.
Mais, cette fois-ci, les drapeaux financiers externes pourraient très bien se payer en nature… en droits de possession de l’EPR - à hauteur d’au moins un tiers ! - que les Allemande d’EnBW et les Suisses de la CNP ne manqueraient pas d’exiger au titre de la conversion de leurs droits de prélèvement sur la production éteinte de Fessenheim.
Si ce marché intra-PS inique devait se confirmer, en toute rigueur, Jean-Pierre Chevènement ne saurait être accusé d’apostasie. Rien, dans son discours - essentiellement axé sur l’avenir de l’outil de production et centré sur une avance technologique française potentiellement génératrice de richesse industrielle et économique -, ne pourrait, en effet, donner prise à un flagrant délit de contradiction. L’homme ne se serait pas moins fait le complice du dépouillement de ses compatriotes d’une part supplémentaire de leur patrimoine industriel… après se l’être déjà fait, par passivité, en 1997.
Précisons et insistons sur le fait que, jusqu’à plus ample informé, ces spéculations ne sont que des spéculations. En aucune manière, elles ne peuvent avoir valeur de procès d’intention. Toutefois, elles doivent être reçues comme un avertissement adressé au staff de Ségolène Royal, qui doit désormais savoir que nombre de ses compatriotes exercent une vigilance qui ne se relâchera plus.
À bon entendeur, salut !
André PELLEN
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