MESSAGE DACCUEIL
L’insatiable appétit énergétique d’une économie mondiale désormais incontrôlable coïncide avec le début de l’épuisement et du renchérissement irréversibles des hydrocarbures.
Grâce à son industrie électronucléaire, notre pays supporte mieux que la plupart de ses partenaires du G7 une épreuve dont l’inéluctable amplification menace la stabilité géopolitique du monde et que, pourtant, la sauvegarde du climat prescrit aux hommes.
Sans une industrie nucléaire prospère mobilisant quelque 150000 emplois directs et indirects, la dette publique française donnerait le vertige et le déficit de son commerce extérieur sombrerait définitivement dans la chronicité.
Foin des vertus économiques et environnementales patentes de cette énergie ! Une mouvance politique, dont le noyau dur demeure les Verts, préfère lui tourner radicalement le dos et confier, demain, l’entraînement de l’économie nationale à une aérogénération énergétique danoise, chiche, capricieuse et hors de prix (confer des retours d’expériences espagnols, allemands et scandinaves suffisamment éloquents !), à on ne sait combien d’hectares de somptuaires photopiles et à une bioénergie largement surestimée. Les faiseurs de miracles promettent, de surcroît, un supplément de prospérité à des compatriotes par ailleurs fermement conviés à l’ascèse énergétique !Ainsi, dans l’indifférence quasi-générale, un véritable drame national
- un de plus - se noue-t-il au grand jour, sur fond de campagne électorale : désormais, à gauche comme à droite, on ne cache plus sa sensibilité aux sirènes démagogiques de Verts, Bové et autre Attac en mesure de négocier à prix d’or un appoint électoral perçu comme décisif.
Sans surprise, les courtisés ne se privent d’aucune surenchère et n’ont guère tardé à annoncer officiellement la couleur de leurs exigences :
en priorité la peau d’un EPR… dont les Socialistes français font savoir qu’ils acceptent de payer la rançon…
Une iniquité politique, ressentie avec autant de prégnance comme une trahison des intérêts supérieurs de la collectivité nationale, ne peut pas ne pas susciter une réaction militante d’au moins une partie de notre corps social ; ce serait à désespérer de la conscience que les Français ont de leurs propres intérêts et de ce qui reste de patriotisme dans ce pays.
C’est pourquoi j’exhorte mes lecteurs à se faire les messagers très persuasifs de deux discours aux accents d’avertissements non dissimulés, adressés aux prétendants à la fonction suprême : un discours publicitaire du potentiel et des qualités irremplaçables de l’énergie électronucléaire ainsi que de l’impérative nécessité du renouvellement de ses outils de production par des réacteurs EPR ; un discours purement tactique, électoralement parlant.
Ce dernier doit consister à inquiéter les probables candidats du fait que les Verts et leurs alliés ne représentent, somme toute, que 3 à 5 % du potentiel des suffrages. Un pourcentage susceptible de ne pas peser bien lourd à côté de celui de pro-EPR efficacement mobilisés sur l’essentiel en dépit d’une dispersion politique plus fragile qu’il n’y paraît.
Semblable action collective doit viser à susciter une salutaire insurrection à l’intérieur de chaque famille politique et se garder d’influencer, aussi peu que ce soit, les convictions fondamentales de chacun.
Son objectif exclusif doit être d’empêcher, par tous les moyens, que ne soit réédité le lamentable épisode du sabordage définitif de SuperPhénix, duquel Gauche et Droite portent la responsabilité d’une ardoise de quelque 15 milliards d’euros laissée aux finances publiques. Encore que nos descendants ne mesureront définitivement l’ampleur du désastre que lorsque leur pays se verra contraint d’importer du Japon des surgénérateurs estampillés « réacteurs de 4 ème génération ».
Gageons que, devant l’urne, nombre d’entre nous ne seront pas, en conscience, placés devant un dilemme qu’au demeurant les chasseurs ont depuis longtemps dépassé…
Bien cordialement,
André PELLEN
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